La ministre des finances nie avoir évoqué la dépréciation du dinar

La ministre des finances Lamia Zribi a nié avoir évoqué une possible dépréciation du dinar pour se situer à 3 dinars par rapport à l’euro, comme l’ont diffusé plusieurs médias.
Elle a indiqué, lors d’une rencontre avec un nombre restreint de journalistes des médias nationaux pour s’expliquer sur cette question « qu’il n’y a actuellement, aucun critère objectif soutenu pour cette hypothèse vue la reprise du rythme de production et d’exportation de phosphate aux niveaux de l’année 2010 et l’enregistrement de signes positifs dans le secteur du tourisme surtout au niveau des nuitées enregistrées.
Et d’ajouter  » qu’il n’y a aucune raison objective pragmatique et technique du glissement de dinar pour se situer à 3 dinars par rapport à l’euro, niant avoir évoqué ce sujet lors de son intervention, le 18 Avril 2017, sur une radio privée « .
La ministre des finances a exprimé son mécontentement de la campagne médiatique dont elle a été la cible, en particulier ce qui a été véhiculé sur les réseaux sociaux, précisant qu’elle a également été la cible d’un certain nombre d’économistes qui ont critiqué ses déclarations au sujet de la dépréciation de la valeur du dinar tunisien, causant une perturbation du marché de change et un effondrement du dinar.
Elle a affirmé, dans ce cadre, que la valeur du dinar est revenue à celle d’avant le 20 avril, à savoir 1 euro est l’équivalent de 2,4 dinars.
A savoir que pour la journée de 25 avril 2017:1 euro=2,48 dinars et 1 dollar=2,41 dinars.
Et Zribi d’ajouter que non ses déclaraions, mais plutôt plusieurs facteurs objectifs dont principalement les paiements extérieurs, ont provoqué la baisse du dinar tunisien, comme en témoigne l’intervalle de temps entre la date des déclarations (18 Avril 2017 ) et l’interaction du marché des changes le 20 Avril 2017.
Evoquant l’intervention du ministère des finances dans la politique de change, elle a expliqué que la loi n° 35 de l’année 2016 relative à la fixation du nouveau statut de la banque centrale de Tunisie (BCT) et notamment son article 22 stipule que ladite Banque œuvre à exécuter la politique de change qui a été fixée par le gouvernement.
Elle a précisé que le dinar est revenu, lundi, à son niveau habituel avant la vague de critiques qu’elle a qualifiées de fabriquées de toutes pièces, soulignant, que la valeur du dinar a régressé, depuis 2011, en comparaison avec les devises étrangères, notamment le dollar et l’euro.
La ministre a imputé les causes de la régression du dinar au déficit de la balance commerciale et à la baisse des exportations par rapport à la hausse des importations, annonçant, à ce propos, qu’un conseil des ministres se tiendra prochainement pour débattre de la rationalisation des importations et de la réduction du déficit commercial.
Elle a, en outre, fait savoir que le Fonds monétaire international (FMI) n’a pas demandé à la Tunisie de déprécier la valeur du dinar tunisien mais de conférer davantage de flexibilité à la politique de change.
Dans sa réponse concernant les demandes de sa révocation pour avoir perturbé le marché de change, la ministre des finances a dit « être habituée à de tels appels depuis la discussion des projets du budget de l’Etat et de la loi de finances 2017, poursuivant « j’ai la conscience tranquille et je n’ai rien dit qui puisse nuire à l’économie nationale comme il est dit ».

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