Budget de l’Etat pour l’année 2019 : l’arbre qui cache la forêt

Le projet du budget de l’Etat pour l’année 2019 manque de réformes censées résoudre les principaux problèmes économiques et sociaux, a estimé l’expert économiste et le chef de service des Etudes au Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux, (FTDES) Abdeljalil Bedoui.
Il a affirmé, jeudi, lors d’une conférence de presse, que le projet du budget soumis encore à l’examen à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) revêt un aspect  » d’embellie  » pour dissimuler les vrais problèmes concernant la recrudescence du phénomène de l’économie parallèle, l’augmentation de l’inflation et le creusement du déficit commercial.
L’expert a fait observer que la spécificité du projet, soumis actuellement à l’examen, est qu’il coincide avec une année électorale, au cours de laquelle, des avantages fiscaux sont octroyés, critiquant en même temps l’absence du secteur agricole et sa privation de mesures réelles pouvant le sauver des situations difficiles.
Bedoui a fait remarquer que le projet du budget continue à s’inscrire sur une courbe d’austérité, à travers l’augmentation des dépenses publiques de 8,5%, alors qu’il s’est avéré par rapport aux taux d’inflation, que les dépenses publiques n’ont enregistré qu’une augmentation de 0,5% à prix fixe.
Et de souligner que le gouvernement actuel est appelé à placer dans les priorités de ces actions le déficit commercial qui selon lui s’élève à ,20 milliards de dinars au cours des prochaines années (soit la moitié du budget de la Tunisie pour l’année 2019).
D’après lui, il est nécessaire d’avoir l’audace politique nécessaire pour contrecarrer la contrebande, qui devient une vraie menace pour le tissu économique tunisien, faisant observer que l’informel et le non-structuré ont connu un bond qualitatif en Tunisie après la révolution.
Par ailleurs, le responsable a estimé que l’exclusion des salariés de la fonction publique de l’augmentation des salaires est inacceptable.
L’économiste a imputé la responsabilité à la classe politique et aux gouvernements successifs après la révolution qui ont augmenté d’une manière non-étudiée le nombre des fonctionnaires dans un laps de temps très court, ce nombre étant passé de 450 mille en 2008 à près de 690 mille fonctionnaires publics en 2018, ce qui a gonflé la masse salariale.

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