L’Afrique le défi de la transformation des minerais

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le continent abrite 54 % des réserves mondiales de platine, 78 % de diamants, 40 % de chrome et 28 % de manganèse.

« Dix-neuf des 46 pays d’Afrique subsaharienne possèdent d’importantes réserves d’hydrocarbures, de pétrole, de gaz, de charbon ou de minéraux et 13 pays explorent actuellement de nouvelles réserves », relève le PNUD.

Si tous s’accord à dire que l’Afrique est le continent qui regorge plus de richesse du sous-sol, malheureusement que cela ne lui profite guère.

La première raison est l’absence de la création locale d’une valeur ajoutée à ses richesses du sous-sol, ensuite la corruption et le manque de main d’œuvre qualifiée.

Lorsqu’on parle de richesse du sous-sol en Afrique, les clichés renvoient aux conflits et au manque de transparence dans les industries extractives.

Pour mettre fin à cela, il a été adopté de mesures nationales et internationales pour condamner et punir les minerais de sang, mais aussi pour assurer une collecte transparente et un transfert dans les budgets des États des ressources issues de la vente des produits du sous-sol.

C’est l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE) et le Processus de Kimberley – consensus mondial pour empêcher le trafic de diamants issus de zones de guerre – pour tracer les revenus miniers. Mais cette « législation » internationale seule ne suffit pas à faire profiter l’Afrique de ses richesses naturelles.

Qu’en est-il de la transformation des richesses du sous-sol ?

Si la communauté internationale a pu imposer le Processus de Kimberley pour garantir une exploitation saine du diamant, on se rend compte que les pays africains ont peu agi pour la transformation locale des richesses minières.

C’est aussi le constat fait par le Centre international pour le commerce et le développement durable qui a souligné que le « secteur extractif africain est faiblement intégré à l’activité socio-économique nationale.

A cela s’ajoute des exportations de matières premières à faible ou sans valeur ajoutée ensuite des liens faibles en amont et en aval avec le reste de l’économie ».
Si certains pays sont cités en exemple, comme le Botswana, la Zambie, le Ghana qui disposent des usines pour transformer les ressources minérales afin de profit de leurs valeurs ajoutées, ce n’est pas le cas pour la République Démocratique du Congo, de la Centrafrique, la Guinée et bien d’autres.

Il faut dire que dans le domaine du diamant, le Botswana est un modèle qui peut inspirer d’autres pays.

Gaborone a su profiter de l’expertise de la société De Beers, une multinationale sud-africaine du diamant.

Ainsi le diamant est le principal moteur de son économie. Il représente « environ 70 % de ses recettes d’exportation et 50% de ses recettes publiques ».
Il existe donc des possibilités pour les économies africaines de s’insérer dans la chaîne de valeur mondiale, « en renforçant leurs capacités dans des tâches spécifiques, sur une base concurrentielle mondiale ou dans le cadre d’une plus large stratégie de diversification à partir de leurs exportations de ressources », indique la revue « Passerelles ».

L’Afrique pourra ainsi entrer plus facilement sur de nouveaux marchécfb2019s offrant des possibilités d’emploi productif et reprendre des filières mondiales à des pays comme la Chine, l’Inde et Taïwan, où le coût de la main-d’œuvre augmente ».

À cet effet, l’Union africaine a adopté en 2009 une Vision minière africaine (VMA) pour l’utilisation stratégique par l’Afrique de ses ressources minières pour assurer son développement inclusif.

Cette VMA promeut, entre autres, la transformation et la valorisation locale des matières premières afin de constituer un capital humain, financier et institutionnel capable de survivre à l’épuisement de la ressource minière. Un plan d’actions de sa mise en œuvre est disponible, adopté à Lagos au Nigeria depuis décembre 2011.
Plusieurs pays se mettent même déjà en conformité avec le rôle transformationnel des ressources minières, grâce à des joint-ventures avec des grands groupes internationaux, au regard des coûts qu’exige l’exploitation minière.

L’enjeu n’est pas des moindres : le sous-sol d’Afrique renferme les principales ressources minières dont l’économie mondiale a besoin pour continuer à s’alimenter.

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