Levée du gel des biens de Marouane Mabrouk en Europe, selon I Watch

L’Union européenne (UE) a officiellement, levé le gel des biens de l’homme d’affaires tunisien Marouane Mabrouk en Europe, selon I Watch.

Selon I Watch, filiale de transaprency international en Tunisie, qui a dénoncé l’intervention du chef du gouvernement, Youssef Chahed, cette décision confirmée, mardi, par une porte parole de l’UE, intervient en réponse à la demande présentée par Chahed.

Le nom de Marouane Mabrouk a été enlevé d’une liste de 48 personnalités de l’ancien régime déchu, objet de gel de leurs avoirs depuis 2011. Le gel des avoirs des autres 47 personnalités a été maintenu jusqu’au 31 janvier 2020, d’après le texte de la décision européenne transmis à l’Agence TAP.

L’ONG anti-corruption « I Watch » a déposé le 7 janvier une plainte, auprès du procureur de la République au Tribunal de Première Instance de Tunis, à l’encontre de Chahed, pour abus de pouvoir, dans le cadre de l’affaire de la levée du gel des avoirs de l’homme d’affaires tunisien Marouane Mabrouk.

Elle avait précisé, dans un communiqué, que Chahed est intervenu, en sa qualité, en faveur de l’ex gendre de Ben Ali, pour lever le gel sur ses avoirs, dans les pays de l’Union Européenne, et ce, malgré la publication de verdicts à l’encontre de Mabrouk, le 12 juillet 2018, à Tunis, et le 15 novembre 2018, à Luxembourg (Belgique).

Pour elle, l’intervention de Chahed  » porte atteinte à l’intérêt général du pays  » et se présente comme une forme de « corruption », selon les dispositions de la loi n°10 pour l’année 2017, relative à la dénonciation et la protection des lanceurs d’alerte.

Une séance d’audition avec la commission des finances, de la planification et du développement relevant de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), a été organisée au profit du président de « I Watch », Achref Aouadi, le 18 Janvier, au Bardo.

Au cours de cette audition, Aouadi, avait mis en garde contre la possibilité pour l’Union Européenne (UE) de lever le gel des biens de Mabrouk et accusé le chef du gouvernement tunisien, d’intervenir auprès de l’Union, à travers le ministère des Affaires Etrangères et l’ambassade de Tunisie à Bruxelles, à l’effet de lever le gel des biens de l’homme d’affaires tunisien.

Il avait appelé la commission parlementaire, à accélérer l’intervention afin de présenter à l’Union Européenne une pétition en vue de refuser la demande du gouvernement tunisien, affirmant que l’acceptation de la demande par l’UE aura des retombées négatives sur la récupération des biens spoliés.

Aouadi avait, également, accusé la direction générale d’El Karama Holding, chargée de la liquidation des biens confisqués après la révolution, de ne vouloir rien divulguer sur l’homme d’affaires tunisien Maouane Mabrouk et d’intervenir pour la restitution de la part de l’Etat dans l’opérateur téléphonique « Orange Tunisie » dans laquelle le gendre de Ben Ali possède des actions.

Les réactions des membres de la commission des finances avaient été mitigées concernant les données présentées par « I Watch ».

Les députés avaient, toutefois, mis l’accent sur la nécessité d’inviter toutes les parties intervenantes dans le dossier de la confiscation et la restitution des biens spoliés pour présenter les nouvelles données relatives à ce dossier et son processus.

De son côté, la présidence du gouvernement n’a pas encore réagi. Pourtant, joint au téléphone par TAP, le service de communication du gouvernement a promis de publier, mardi, un communiqué de presse sur l’affaire. Mais, jusqu’à cette heure (17h42), aucun texte n’est parvenu à l’agence TAP.

« I Watch » avait accusé la France, le 25 janvier, d’ingérence dans l’affaire de Marouane Mabrouk.

Elle a indiqué avoir appris l’existence de pressions de la part du collaborateur Français dans l’entreprise INVESTEC afin d’obliger la société « Al Karama Holding » à accepter de fait Mr Mabrouk en tant qu’actionnaire
« Ceci permettrait de finaliser la cession de 16% de parts de capital de la société Orange Tunisie, sans aucun recours possible ».

L’ONG a indiqué, par ailleurs, que la France « étant membre de l’UE, la jouerait un rôle crucial pour faire pression sur les autres Etats-membres afin de valider la demande de Youssef Chahed, permettant ainsi la finalisation de la transaction (levée du gel des avoirs de Marouane Mabrouk) ».

Contacté par l’agence TAP, l’Ambassade de France a simplement démenti toute ingérence dans cette affaire.

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