Afrique : Le continent s’inscrit-il déjà dans la dynamique des véhicules électriques (VE) ?

Pas de voitures ou des bus électriques, ni Tesla, nide Prius. Les motos ou des scooters électriques sont très rares, lorsqu’on fait le tour de plusieurs capitales africaines. Ces engins sont admirés pour leur élégance car n’émettant pas de bruit et garantissent un avenir plus vert, même s’ils utilisent toujours des combustibles fossiles pour recharger leurs batteries.

Si aujourd’hui plusieurs gouvernements ont décidé de promouvoir les véhicules électriques, cela a été facilité par les progrès réalisés par la technologie et surtout que les grands groupes automobiles et pétroliers ont été incités à construire des infrastructures du domaine, notamment les stations de recharge.

Cependant, l’utilisation des voitures électriques (VE) qui est la tendance est largement à la traine en Afrique. Seuls trois pays se sont inscrits dans la dynamique mondiale. Il s’agit du Rwanda, du Maroc et de l’Afrique du Sud. Plusieurs facteurs retardent le développement de ces véhicules électriques en Afrique. D’abord le prix de la voiture électrique. Ensuite, la cherté de l’électricité liée à la faiblesse en couverture électrique d’une grande partie de l’Afrique qui manque d’infrastructures pour recharger les batteries de ces véhicules et l’entretien de la voiture. Il faut noter que 63% des Africains n’ont toujours pas un accès direct à l’énergie électrique, soit plus de la moitié de la popu­la­tion du conti­nent. A cela s’ajoute le manque de subventions des gouvernements à encourager la filière des VE à rattraper son retard.

Pourquoi des voitures électriques aussi en Afrique ?

Selon plusieurs experts, « les enjeux démographiques et climatiques favoriseront l’essor des voitures électriques en Afrique ». D’après les prévisions, population africaine atteindrait 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, avec pour conséquence une hausse du nombre de véhicules sur les routes chaque fois que le niveau de vie s’élèvera. Aussi, le changement climatique occasionnera de grandes charges financières aux gouvernements, sans oublier les effets sanitaires et sociaux résultant du dérèglement climatique dont l’une des causes sont les véhicules qui sont une source croissante de pollution par les combustibles fossiles (essence, pétrole et gas-oil). Ajouter à cela, Les grands groupes automobiles et les écologistes veulent le tout-électrique dès 2030.

L’optimisme est permis :

Si l’Afrique est en retard dans le déploiement et l’utilisation de VE, cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’avenir dans la mobilité électrique. C’est l’optimisme qui anime Kartik Gopal, spécialiste principal du secteur des véhicules électriques à IFC. Il a indiqué que « ce sont les VE pour les transports en commun et de marchandises qui ouvriront probablement la voie en Afrique. Puis, à la suite de la conversion électrique des flottes de bus dans les grandes villes, les équipements et les compétences se généraliseront, ce qui favorisera l’émergence des VE pour la mobilité personnelle, notamment les scooters et les motos ». Mais déjà, le Togo a fait l’expérience des motos électriques.

Puis, le Kenya s’est aussi inscrit dans la tendance. Dans un gigantesque entrepôt de l’entreprise ARC (Affordable, Reliable and Clean en français, abordable, fiable et propre), une start-up africaine qui cherche à créer un marché pour les VE au Kenya et ailleurs sur le continent, on découvre de centaines de deux-roues électriques en provenance d’Inde qui sont prêts à la livraison.

Cette start-up a été initiée en 2020 avec espoir que les motos électriques finiront par s’imposer dans les espaces urbains. ARC fabrique ses propres véhicules, mais achète des pièces au Japon, en Chine et en Inde. La recherche et le développement, l’assemblage, les ventes et le marketing sont basés au Kenya. « Nous prévoyons de commercialiser 4000 véhicules cette année au Kenya, tout en installant des stations de recharge et d’échange de batteries, puis 10 000 en 2023 », a rassuré Moses Nderitu, directeur général d’ARC qui a déclaré que« l’entreprise vise aussi à étendre ses au Rwanda, à la Tanzanie et à l’Ouganda». L’avantage du Rwanda pour le business des VE est « le droit d’importation réduits et du nombre croissant de sites de recharge sous gestion publique », a précisé M. Moses Nderitu.

Pareillement à l’optimisme de Kartik Gopal, le site www.mordorintelligence.com a indiqué dans ses prévisions que « le marché des véhicules électriques au Moyen-Orient et en Afrique était évalué à 35 millions USD en 2020, et il devrait atteindre 84 millions USD d’ici 2026, enregistrant un TCAC de plus de 15 % au cours de la période de prévision (2021 – 2026) ».

Des efforts locaux pour le déploiement des VE.

Déjà plusieurs constructeurs automobiles se partagent le marché africain et étendent leurs activités. Il s’agit de Tesla Motors Inc., Volkswagen AG, Toyota Motor Corporation, Nissan Motor Co. Ltd et Geely, … A titre illustratif, en novembre 2019, Foton Motor a lancé la production localisée de bus à énergie nouvelle en Egypte. Les bus purement électriques Foton AUV livrés lors de la cérémonie devraient être mis en service au Caire. Foton Motor devrait démarrer la production localisée d’autobus purement électriques en Égypte et fournir une fabrication pertinente et de nouvelles technologies énergétiques », a rapporté la même source.

Aussi, au Nigeria, Jet Motor Company (JMC) qui produit localement de véhicules s’est lancé dans la production de véhicules électriques. L’entreprise a 9 millions $ auprès d’Africa Development Capital, installé au Canada pour mener des « d’intensifier » ses recherches en vue de développer les VE et les déployer sur le marché nigérian. Pareille en Afrique du Sud qui multiplie la construction de stations de recharge publique pour les véhicules électriquesumtloyoiuoy-om)

Au Rwanda, la start-up qui spécialisée dans la mobilité électrique, Ampersand a reçu 3,5 millions$ pour déployer les motos, scooter et trottinettes électriques. EN Afrique du Sud, plusieurs stations de recharge publique de véhicules électriques sont construites offrant gratuitement pendant deux ans leurs services à ceux qui sont dans le besoin.

En attendant les VE, la mobilité électrique à deux-roues et peu coûteux prend de tout doucement de l’ampleur. Ces motos et scooters sont faciles à recharger. Nous y reviendrons.

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