BCT: franchissement du seuil de 10 000 MD des billets et monnaies en circulation

    Les Billets et Monnaies en Circulation (BMC) ont franchi, le seuil de 10 000 MD (plus précisement 10 092 MD), fin août 2016, contre 9 190 MD fin mai, période qui couvre la saison estivale, le mois de ramadan et l’Aïd el Fitr (mois de juin et juillet), selon une étude sur l’évolution des BMC en Tunisie, publiée par la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
    La circulation fiduciaire a poursuivi son accroissement jusqu’à la fête de Aïd El Idha, pour se situer à 10 392 MD, le 9 septembre 2016, soit son niveau le plus élevé enregistré jusqu’à maintenant. Ce dernier a pratiquement doublé au cours des cinq dernières années, puisqu’il était de 5 790 MD, en 2010.
    Toutefois, ce niveau ne pourrait baisser significativement, en l’absence d’une solution radicale à l’expansion de l’économie informelle et sans le développement adéquat des moyens de paiements modernes, a souligné la BCT.
    Au cours de la période (2011-2016), l’accroissement annuel moyen des BMC a été de l’ordre de 200 MD (+9,6%), pour s’établir à 645 MD.
    D’après la banque centrale, le comportement des Billets et Monnaies en Circulation a connu deux variations exceptionnelles, la première en 2011, lorsqu’ils ont enregistré une croissance très importante de 1 231 MD, soit une hausse de 22,4% par rapport à 2010, suite aux retombées de la révolution et l’environnement d’instabilité et d’incertitude qui ont caractérisé la période post-révolution, et la
    seconde, en 2013, marquée par une baisse de 253 MD, reflétant une diminution de 3,4% par rapport à 2012, suite à la décision de la BCT de changer certaines coupures de billets de banque.
    Une préférence nette pour l’utilisation du cash
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    Le ratio des BMC par rapport au PIB a sensiblement évolué, passant d’une moyenne de 8,8% ou 8,2% (2005/2010), à 10,4% ou 10,1%, après 2011. Cela signifie que la circulation fiduciaire est en train d’augmenter plus vite que le PIB nominal, reflétant probablement un changement du comportement des agents économiques vis-à-vis de la fiducie et traduisant une préférence nette pour l’utilisation du cash.
    Pour la BCT, l’utilisation du cash comme moyen du paiement priviligié pourrait être la résultante de l’expansion du secteur informel et de l’évasion fiscale et d’un autre côté du retard accusé dans le développement des moyens de paiement modernes, vu la réticence croissante des commerçants pour l’acceptation de chèques et le nombre encore insuffisant des TPE (Terminal de Paiement Electronique) installés. Une frange importante de commerçants (mises à part les grandes surfaces) rechigne à adopter la carte bancaire, qui est pourtant un moyen de paiement rapide et sécurisé, en raison notamment des commissions élevées, obligeant les agents économiques dans la plupart des situations à payer en espèce.
    Le volume global des transactions en monnaie électronique demeure faible
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    Ce constat est confirmé par les statistiques concernant la monétique où le taux de croissance annuel des commerçants affiliés a diminué, passant de 8,3% en 2010, à -2,4% en 2015 et celui du nombre global des transactions qui est passé de 19,4% en 2010, à 6,1% en 2015.
    De même, le nombre de TPE installés est passé de 11 968, en 2010, à 13 148, en mars 2016, soit un taux d’accroissement ne dépassant pas 10%. Le volume global des transactions en monnaie électronique demeure faible par rapport aux autres moyens de paiement, soit 7 191 MD contre 73 668 MD pour les chèques et 18 874 MD pour les effets en 2015.
    L’analyse de la décomposition des BMC en Tunisie montre que l’Office National des Postes (ONP) est celui qui contribue le plus à la hausse des Billets et Monnaies en Circulation. La BCT a constaté que les BMC retirés de l’ONP en faveur d’une population non bancarisée (principalement des retraités et des ouvriers de chantiers), reviennent en grande partie au système bancaire et au Trésor.
    En outre, l’analyse par succursale montre que l’activité économique prédominante détermine la nature des mouvements pour chaque région. Une région qui dépend principalement de l’agriculture telle que la région du Nord-Ouest (Jendouba), ou du commerce informel (principalement Gafsa) est une région où un recours notamment au cash pour les transactions commerciales.
    A l’inverse, dans les régions où les secteurs de l’industrie et des services sont les plus développés, on enregistre des retours de billets plus importants à travers le système bancaire tels que Sfax et Nabeul.