La Tunisie a plus que jamais besoin de renforcer le Dialogue public-privé (DPP), d’autant plus qu’elle fait face, aujourd’hui, à de grands défis économiques et sociaux liés notamment à la problématique de l’emploi des jeunes, a affirmé, mardi, Ouided Bouchamaoui, présidente de l’Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat (UTICA).
 » Cette problématique (emploi des jeunes), ne pourra trouver un autre cadre que celui du DPP quand on se rend à l’évidence du désengagement de l’Etat et de ses limites en matière de recrutement « , a déclaré Bouchamaoui, lors de l’ouverture de la 9ème édition de la Conférence internationale sur le DPP (9,10 et 11 mai 2017), qui se tient sur le thème  » Développement de l’entreprise pour la jeunesse et l’inclusion à travers le DPP « .
Pour la Tunisie qui a toujours adopté le dialogue, il s’agit de réinventer un DPP qui a besoin d’une plate-forme solide, d’une traçabilité et d’un cadre de concertation et de décision doté de toutes les conditions de souplesse, de flexibilité et d’indépendance et surtout d’obligation de résultats.
 » C’est par son institutionnalisation et sa formalisation que l’on pourra créer cette plateforme pérenne à même d’inculquer une vraie culture de dialogue fondée sur des compromis et garante d’une certaine continuité d’accompagnement des institutions », a encore fait savoir la présidente de la centrale patronale.
Dans ce même contexte, le Chef du gouvernement Youssef Chahed présent à l’ouverture de cette conférence organisée par l’UTICA , la Banque mondiale et la confédération danoise de l’industrie, a annoncé que les services de la présidence du gouvernement s’attèlent actuellement à mettre en place un cadre institutionnel qui définira le processus et l’approche d’organisation du DPP.
Concrètement, il s’agit de renforcer l’approche participative lors de l’identification des priorités et la présentation des réformes nécessaires, a indiqué Chahed, estimant que l’objectif recherché est d’éviter les réformes économiques partielles qui bénéficieront à un secteur donné aux dépens des autres.
 » La réussite du DPP reste tributaire de la volonté et de l’engagement des deux parties « , a encore estimé le chef du gouvernement.
Et d’ajouter que le secteur privé est appelé à concrétiser sa capacité de suggestion, d’innovation et de création à travers l’élaboration de recommandations communes.
Le rôle du secteur public est de garantir le cadre adéquat au dialogue et interagir avec les recommandations du secteur privé dans l’objectif de mettre en place des politiques et des réformes à même de mettre en place un climat d’affaires incitatif.
Eileen Murray, représentante de la BM, a, pour sa part, souligné que le DPP revêt une importance primordiale et constitue un moyen concret permettant de passer à un autre modèle de contrat social.
Il s’agit de créer des opportunités d’emplois dans le secteur privé pour les jeunes diplômés et non diplômés, a-t-elle encore dit.
Et de rappeler que la BM accorde une assistance technique et des formations, tout en contribuant à la mise en place d’une plateforme visant à créer un environnement favorisant le dialogue entre les deux parties (secteurs public et privé).
 » On est en train de mettre en place cette plateforme au niveau régional, notamment dans la région MENA, pour permettre aux divers pays de bénéficier des expériences des uns et des autres « , a-t-elle encore fait savoir.
Présentant l’Etat des lieux du DPP en Tunisie, Néjib Chahed membre de la commission économique à l’UTICA, a souligné que les conclusions tirées de l’expérience tunisienne en la matière sont contrastées.
En effet, iI y a des réussites et des échecs, a indiqué le responsable, évoquant notamment la réussite du DPP sectoriel qui a concerné le secteur pharmaceutique, ou la NBA (National business agenda) signé entre l’UTICA , l’UTAP et l’IACE qui constitue un cadre de dialogue entre l’administration, les secteurs public et privé pour fixer les priorités en matière de réformes et améliorer le climat des affaires.
Pour le secteur privé tunisien, cette manifestation constitue une opportunité pour faire un bilan de notre pratique du DPP et tracer les perspectives pour en améliorer l’efficacité, a estimé Chahed.
La dernière journée de la conférence (jeudi 11 mai) verra l’attribution des  » PPD Howards 2017″ des initiatives locales de DPP.

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