Les nouveaux défis de l’industrie pharmaceutique en Tunisie

La Tunisie a été le premier pays à développer l’industrie pharmaceutique en Afrique et il est grand temps de faire de cette industrie un moteur de croissance et de développement. Le secteur est  en plein essor en Tunisie. Le secteur compte 41 unités de fabrication 41 aujourd’hui contre 3 uniquement au début des années 90.

La production locale des médicaments a enregistré une forte croissance et la consommation couverte par la fabrication locale est passée de 8% en 1987 à plus de 45 % actuellement. La consommation pharmaceutique privée estimée à 951 Millions de DT ; elle représente 26, 3 % des dépenses totales de santé et 57,4 % des dépenses privées de santé 7 La Pharmacie Centrale de Tunisie est le seul établissement autorisé à importer les médicaments et les vaccins, agissant en centrale d’achat nationale pour couvrir l’ensemble des besoins du pays en médicaments importé. La distribution est assurée par la Pharmacie Centrale de Tunisie et par un réseau de grossistes répartiteurs privés, couvrant toutes les régions du pays. La dispensation est assurée par les structures sanitaires publiques et un réseau dense d’officines privées. La production nationale des dispositifs médicaux est estimée 190 millions DT, dont 70 millions DT pour la consommation locale et 120 millions DT pour l’exportation ; cette dernière activité s’est développée grâce à l’implantation de sociétés totalement exportatrices

Les résultats d’une évaluation de la compétitivité du secteur, menée par le Groupe de la Banque mondiale, ont mis en évidence les atouts du secteur pharmaceutique en Tunisie, mais aussi révélé les contraintes qui entravent actuellement son développement. Selon l’étude, l’industrie pharmaceutique en Tunisie a augmenté à un taux annuel moyen de 15% – beaucoup plus élevé que la moyenne mondiale. L’industrie répond à 49% des besoins en médicaments du pays (principalement des médicaments génériques) et emploie plus de 6 000 personnes, dont 38% occupent des emplois qualifiés avec des salaires moyens parmi les plus élevés de Tunisie.

Malgré ces indicateurs positifs et une phase de croissance qui a permis de répondre à la demande locale, l’industrie ne semble pas avoir pleinement réalisé son potentiel. Les exportations tunisiennes de médicaments à usage humain ne représentent que 6% de l’industrie manufacturière locale, soit 13 fois moins que dans des pays comparables comme la Jordanie.

Une nouvelle approche est nécessaire pour rendre l’industrie pharmaceutique tunisienne plus compétitive sur les marchés mondiaux. L’industrie doit développer ses exportations et s’implanter sur les marchés étrangers en ciblant des marchés stratégiques où la qualité l’emporte sur le prix, mais aussi en développant une gamme de produits dérivés de la biotechnologie qui constituent un nouveau secteur d’activité.

Mais ce changement ne peut avoir lieu sans un effort plus soutenu pour mettre le cadre réglementaire et institutionnel aux normes internationales. Des réformes importantes sont toujours en attente. Ces réformes sont essentielles pour alimenter la croissance de cette industrie à haute valeur ajoutée et sont nécessaires et bénéfiques pour la santé publique.

 

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