La BCT appelée à jouer le rôle de chef de file dans l’introduction de l’open banking

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) est appelée à jouer le rôle de chef de file dans l’introduction de l’open banking  » système bancaire ouvert « , à travers la mise en place du cadre réglementaire adéquat, a déclaré Ikbel Snoussi, Vice-président de la chambre e-commerce.
 » L’Open Banking constitue un enjeu globalisé ciblant des acteurs de grandes tailles et nécessitant un cadre technique et réglementaire spécial « , a-t-il avancé.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, en marge d’un séminaire sur le digital banking, Snoussi a ajouté que la réglementation doit être le fruit d’une réflexion concertée, d’autant plus qu’il s’agit d’un système qui oblige les banques à partager les données qu’elles ont à leur disposition avec d’autres services bancaires.
En Europe, a-t-il encore précisé, les banques ont été obligées de fournir l’accès aux données de leurs clients de manière sécurisée et avec l’accord de ces derniers à des acteurs tiers suite à l’adoption de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2).
 » Historiquement, la banque a toujours maitrisé toute la chaine de valeur de son métier, mais avec l’open banking ce n’est plus le cas, vu que l’idée est de donner la chance aux fintechs (Industrie financière qui déploie la technologie), qui développent des services pour améliorer le rapport entre le consommateur et sa banque au quotidien « , a indiqué le responsable.
Et d’ajouter que l’objectif est de permettre à la banque de se positionner sur certaines niches de métiers et d’exposer ses services à l’échelle nationale ou internationale.
Pour le responsable, il est difficile de dire à une banque tunisienne, opérateur historique qui contrôle toute sa chaine de valeur, qu’elle va contrôler seulement un segment de la chaine.
 » Déjà en Europe les choses n’ont pas changé du jour au lendemain et les banques européennes ont tout fait pour freiner le DSP2 qui a été imposé « , a indiqué le responsable.
Il a, dans ce cadre, mis l’accent sur la nécessité de revoir la relation entre les banques et les fintechs.
« On doit voir si on va aller banque par banque, fintech par fintech et projet par projet ou on va instaurer un cadre général qui protège les banques, les consommateurs et les fintechs… « , a-t-il encore indiqué.
Pour sa part, le spécialiste en Open Banking, Olivier Thirion de Briel a rappelé que la DSP2 est une directive européenne révisée de la DSP1.
Entrée en vigueur le 13 janvier 2018, elle se caractérise par la sécurité, la transparence et l’innovation, a-t-il encore souligné.
Et d’ajouter que l’Open Banking repose sur l’ouverture des systèmes d’information des banques et le partage des données de leurs clients à des tiers de confiance. L’ensemble des acteurs bancaires aura ainsi la possibilité de se connecter aux services de la banque pour y développer leurs propres applications, a indiqué le responsable.

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