Energie solaire en Tunisie, un marché prometteur

Energie solaire en Tunisie, un marché prometteur

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En dépit d’une production d’hydrocarbures relativement faible, le secteur de l’énergie a joué un rôle important dans le développement économique et social de la Tunisie. Durant la dernière décennie, l’évolution du bilan énergétique a été marquée par la détérioration du solde énergétique, la baisse de la contribution de l’énergie dans la formation du PIB et l’augmentation de la consommation d’énergie dans l’ensemble des secteurs économiques.
Le bilan énergétique a évolué depuis le début des années 80 à ce jour d’une situation excédentaire d’environ 3 millions de tep vers un équilibre entre l’offre et la demande d’énergie voir vers un déficit qui devrait s’accentuer dans les années à venir.
Face à ce contexte caractérisé par l’apparition d’un déficit au niveau du bilan énergétique et pour réduire la dépendance du pays du pétrole et du gaz, des mesures pour promouvoir le développement et l’utilisation des énergies renouvelables ont été prises en Tunisie. Ceci étant afin d’assurer l’intégration dans un système d’énergie plus large
Une loi établissant un « système de conservation de l’énergie» sur la gestion de l’énergie en 2005 a été immédiatement suivie par la création d’un mécanisme de financement – le Fonds national de gestion de l’énergie – pour soutenir la capacité accrue dans les technologies d’énergies renouvelables et également amélioré l’efficacité énergétique.
Selon l’UNEP (United Nations Environnent Programme), entre 2005 à 2008, des plans d’énergie propre ont déjà permis au gouvernement d’économiser 1,1 milliard de dollars sur les factures d’énergie, par rapport à l’investissement initial de 200 M $ dans l’infrastructure de l’énergie propre.
En Décembre 2009, le gouvernement a présenté le premier plan solaire national et d’autres régimes complémentaires. Le plan comprend l’utilisation de systèmes solaires photovoltaïques, systèmes de chauffage solaire de l’eau et des unités de puissance concentrée solaires pour la production d’électricité.
Total des ressources financières pour mettre en œuvre le plan ont été estimés à 2,5 milliards de dollars, dont 175 millions de dollars du Fonds national, 530 millions de dollars du secteur public, 1.660 millions de dollars de fonds du secteur privé, et 24 millions de dollars de la coopération internationale, le tout pour être dépensés d’ici 2016 sur les 40 projets d’énergie renouvelable. Environ 40% des ressources sont consacrées au développement de l’infrastructure d’exportation d’énergie.
Le Programme solaire tunisien (PROSOL) – une initiative conjointe de l’Agence nationale tunisienne pour la conservation de l’énergie (ANME), la Société Tunisienne de l’Electricité et de Gaz (STEG), le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le Ministère italien pour la Environnement, du Territoire et de la Mer – fournit un exemple de développement du marché solaire thermique.
Dédié à des clients résidentiels, la mise en place du programme PROSOL-Elec en2010 a mobilisé des investissements pour développer environ de 3,8 MWc photovoltaïque jusqu’à mars 2013. La plupart des installations sont les systèmes de la taille de 1-2 kWc, qui ensemble représentent 90 pourcent des systèmes installés. En ce qui concerne la capacité totale installée, l’énergie photovoltaïque a produit environ 1500 MWh jusqu’à août 2012. Le schéma autoproduction, dédié aux clients du tertiaire ou de l’industriel, n’as pas réussi à développer des projets.
Le soutien financier et fiscal combine une subvention en capital sous forme exonération de la TVA, réduction des tarifs de douanes et un prêt bancaire à un taux d’intérêt réduit. Ces mesures ont généré des bénéfices financiers directs pour les utilisateurs finaux, lorsque l’on compare les payements mensuels pour un système de chauffe-eau solaire aux factures d’électricité antérieures. Une subvention complémentaire de taux d’intérêt a été octroyée pendant les deux premières années (2005-2006) du programme, réduisant le taux d’intérêt du prêt à 0 % pour l’utilisateur final. Ce soutien a été retiré en 2007 et les taux d’intérêt annuels de remboursement des prêts ont passé à 6,5%.
Le gouvernement fournit une subvention de 20 pour cent du coût du système ou 75 $ le mètre carré, tandis que les clients sont tenu à financer un minimum de 10 pour cent de l’achat et les coûts d’installation.
L’Agence Nationale de la Maitrise de l’Energie (ANME) s’est fixé l’objectif de réduire de 22% la consommation énergétique nationale en 2016, soit une économie d’énergie d‘environ 660 kTep par an. Selon la Stratégie Nationale de la Maitrise de l’Energie, la réduction de l’intensité énergétique devrait atteindre 2% / an.
En conclusion, l’expérience en Tunisie démontre le potentiel de rendement sur l’investissement dans les énergies renouvelables, la création de nouveaux emplois, et réduire la dépendance sur les importations de carburant.

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